Acceuil Actualités PORTRAIT DES CANDIDATS : 1. NOEL TSHIANI, LE BRILLANT TECHNOCRATE VENU DE LA BANQUE MONDIALE

PORTRAIT DES CANDIDATS : 1. NOEL TSHIANI, LE BRILLANT TECHNOCRATE VENU DE LA BANQUE MONDIALE

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« Nous nous sommes rencontrés quand j’étais président de la République du Sénégal et lui était un jeune expert de la Banque mondiale. Il a dirigé l’équipe de la Banque mondiale qui a aidé le gouvernement sénégalais à mettre en place un programme exemplaire d’annulation de la dette. Avec l’aide de cette équipe, le Sénégal a éliminé toute sa dette extérieure commerciale et bancaire. Position qui lui a permis de se mettre en conformité avec ses créanciers bancaires et commerciaux, une exigence des agences de notation internationales telles que Fitch, Moody’s et S&P. Le Sénégal a ainsi retrouvé sa crédibilité financière en mettant en œuvre un programme rigoureux de réformes économiques auquel le Dr Tshiani a activement et brillamment participé. J’étais très fier de voir un Africain doté d’une expertise si forte se consacrer au développement de l’Afrique ».

Ces mots sont d’Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, qui rend ainsi un vibrant hommage à l’expertise de Noël Kabamba Tshiani Muadianvita, économiste de renom et candidat à la présidentielle congolaise du 23 décembre. Une telle reconnaissance de la part d’une sommité respectée du continent – président du Sénégal et ensuite SG de l’OIF – plaide en faveur des compétences avérées dont se targue ce fonctionnaire international venu de la Banque mondiale, surtout que son pays doit se relever d’une crise multiforme. «Il faut un homme compétent, rompu à la gestion, afin de relever ce pays et lui donner une nouvelle chance», nous déclarait-il en 2015 lors d’un passage à Kinshasa.

Parcours foudroyant

Noël Tshiani est né le 25 décembre à Ngandanjika, actuelle province de Lomami, en 1957. Après des études secondaires, section Latin-philo à l’Institut Kalayi de Ngandanjika, dans l’ex-Kasaï oriental, il obtient une bourse du gouvernement congolais qui lui permet d’aller poursuivre sa formation universitaire en France. Commence alors un foudroyant parcours à couper le souffle : Master en sciences économiques à l’Université de Liège (Belgique), diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion financière et fiscalité à l’Université de Grenoble (France), un diplôme de troisième cycle à l’Institut Supérieur de Gestion (ISG Business School) de Paris, un Master en leadership et gestion de la très prestigieuse Harvard Business School (USA), un Master in Business Administration en Banques et marchés financiers à l’Université d’Adephi de New York (USA) et, enfin, un doctorat en sciences économiques de l’Université Paris Dauphine (France). Sa thèse de doctorat portait sur un principe qui lui tient tant à cœur : l’indépendance des banques centrales, la responsabilité et l’impact sur la politique monétaire. Autant dire que M. Tshiani peut légitimement se targuer de faire autorité en matière de sciences économiques.

Après un stage à la Banque nationale de Paris (PARIBA) à Grenoble, M. Tshiani travaille pendant dix ans dans plusieurs banques américaines, parmi les plus grandes du monde. Il est successivement chargé de prêt international chez JP Morgan à New York ; Senior Credit Officer chez Republic National Bank toujours à New York ; chargé de clientèle chez Citybank où il suit avec succès le programme de formation Citibank Executive Management pour les agents de crédit à Athènes, en Grèce.

Il intègre par la suite la Banque mondiale en tant que fonctionnaire internationale. Il servira comme représentant-résident (directeur-pays) et en tant que chef de mission pour le développement du secteur privé et financier. L’ancien jeune homme venu du Kasaï va donner le meilleur de lui-même. il travaille avec succès pour restructurer et transformer les économies en détresse en Afrique de l’Ouest, en Europe de l’Est et en Asie. Et l’un de ses hauts faits d’arme reste son travail au Cap Vert, où il conseille le gouvernement, contribue à l’élaboration et pilote un programme qui permet à ce pays archipel de faire passer le produit intérieur brut par habitant en vingt ans de 170 à 4400 dollars en 2016. Le Cap Vert, sans ressources naturelles, est ainsi passé du groupe des pays à faible revenu à pays à revenu intermédiaire grâce à un bon leadership et à une bonne gouvernance.

Le père du Franc congolais

Dr. Tshiani a également dirigé une équipe d’experts professionnels de la Banque mondiale qui a conçu et mis en œuvre un programme complet de transformation économique et financière pour la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA): Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Le programme a considérablement renforcé l’intégration économique, financière et infrastructurelle des États d’Afrique de l’Ouest.

A la chute du maréchal Mobutu, la banque mondiale le détache dans son pays d’origine, la RDC, où il copréside en 1997 la Commission de réforme monétaire qui a conçu et lancé avec succès le franc congolais en remplacement de l’ancien Zaïre-monnaie, très discrédité. Il est ainsi considéré comme le père du franc congolais. Il a également conseillé le président sur le renforcement de l’autonomie de l’autorité monétaire, notamment en démantelant le conseil d’administration de la banque centrale qui comprenait sept membres du cabinet et en les remplaçant par des experts techniques indépendants. Il est un ardent défenseur des banques centrales indépendantes et estime que le bon fonctionnement du système financier est une condition préalable pour garantir une allocation adéquate des ressources et soutenir le développement économique. Il se rend régulièrement dans son pays et surveille de près ses développements et défis économiques, sociaux et politiques.

Pour soutenir ses ambitions de transformer son pays natal et créer des opportunités pour tous ses citoyens, le Dr Tshiani a dévoilé le 22 janvier 2016 dans un article de Time Magazine, le résumé de son plan Marshall pour le Congo dont les détails sont contenus dans son livre: La Force du Changement ou Force of Change. Le plan quinquennal qu’il propose pour la RDC comprend sept piliers du développement, le secteur privé stimulant la croissance et l’expertise internationale et de la diaspora exploitée en fonction des besoins.

Un plan plus qu’ambitieux

Les sept piliers du développement contenus dans ce plan plus qu’ambitieux consistent à :

  • promouvoir la paix, la sécurité, l’état de droit et la démocratie en restructurant l’armée et la police et en mettant en place des institutions démocratiques solides et des pratiques transparentes;
  • faire progresser le capital humain, par l’éducation, la santé et la nutrition, en créant des opportunités et des règles du jeu équitables pour tous, y compris les femmes congolaises, qui souffrent non seulement de la discrimination juridique, mais aussi de la violence sexuelle et sexiste;
  • mobiliser les ressources nationales grâce à des mesures transparentes et efficaces de recouvrement des impôts et de lutte contre la corruption;
  • Soutenir un secteur privé national responsable, soutenu par une administration publique qui fonctionne et l’état de droit;
  • entreprendre des projets d’infrastructure à grande échelle et à forte intensité de main-d’œuvre pour créer des emplois ainsi que des catalyseurs du commerce et de la croissance dont nous avons désespérément besoin;
  • stimuler et accélérer l’industrialisation locale pour affiner et traiter les minéraux et mécaniser l’agriculture, l’élevage et la pêche; promouvoir la gestion durable des forêts; et soutenir les secteurs de services, y compris le tourisme; et
  • identifier et exploiter les synergies des marchés nationaux et régionaux : la RDC est désormais membre d’un accord d’intégration régionale de 26 pays qui s’étend de l’Afrique du Sud à l’Egypte et abrite 625 millions de personnes avec un PIB estimé à 1,3 billion de dollars.

Quel sera le coût de ce plan? M. Tshiani estime à environ 800 milliards de dollars sur 15 an, en mobilisant les ressources nationales, l’aide bilatérale et multilatérale et l’investissement étranger direct. Il faudra également repenser en profondeur la stratégie de développement et la gouvernance, la priorité étant la transparence. Dr. Tshiani pense que le gouvernement peut financer la majeure partie du plan avec des revenus générés en interne en luttant contre la corruption, en réformant le système judiciaire et en créant un environnement commercial attractif.

Le Dr Tshiani pense que son plan, exécuté avec compétence, pourrait faire de l’une des économies les plus pauvres du monde un moteur de la croissance africaine et porter le PIB actuel de 394 dollars à 15 000 en 15 ans. Selon ses propres mots, si ses compatriotes travaillent ensemble, « l’impossible n’est pas congolais ».

Publications

Dr. Tshiani est l’auteur de cinq livres:

  1. La force du changement: construire un pays stable, prospère et équitable (Éditions du Panthéon, Paris, avril 2016);
  2. Des temps désespérés, des mesures audacieuses: un plan Marshall pour la République démocratique du Congo (Éditions du Panthéon, Paris, avril 2016);
  3. La bataille pour une monnaie nationale crédible (De Boeck, Bruxelles, décembre 2012),
  4. Vision d’une monnaie forte (L’Harmattan, Paris, 2008), et

5 Construire des banques centrales crédibles (Palvrave Mac Millan, Hampshire, UK, 2009).

Le Dr Tshiani a également publié de nombreux ouvrages sur l’ économie du développement, le développement du secteur privé, le secteur financier, la banque centrale et la politique monétaire. Son étude parue dans Time Magazine, Jeune Afrique, La Libre Belgique, Le Soir, Le Potentiel, Le Phare, La Prospérité, Africa News, Sud Express International, Le Point, Financial Afrik et autres. Son article publié dans Time Magazine (Comment réformer la République démocratique du Congo) a été largement cité par des universitaires et des grandes universités telles que l’Université Columbia à New York.

 

 

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